Dans mon travail de photomontages, la photographie est utilisée comme un matériau de base sur lequel vient s'imprimer dans un second temps quelque chose de l'ordre de la peinture. C'est à dire l'empreinte de décisions prises au calme et longuement réfléchies. Il s'agit davantage de la débarrasser de toute suspicion de réalité objective (dans le sens de reflet d'un évènement physique comme dans le photo reportage), pour se diriger vers une image tout à fait conçue et pensée après coup, et dont la lecture doit absolument être celle d'une peinture.
C'est à mon sens un moyen tout à fait efficace de rendre et d'exprimer tout ce que "le monde" a de mystérieux et de tout à fait extraordinaire. L'univers perçu n'étant que pensée, je trouve une très forte adéquation entre cela, et cette transformation du réel que j'opère en travaillant avec la photo pour base. Loin d'avoir des ambitions surréalistes, j'essaye de réduire ce type d'imaginaire pour aller davantage vers un potentiel symbolique qui serait concentré dans très peu de données (disons) verbales, à savoir le moins possible de lieux authentifiables et d'actions descriptibles. Cela passe par une grande place laissée au hasard, à la balade, à la chance ; à une absence de recherche encadrée consciement vers un but. J'entends par là: aucun travail de thème, aucune recherche de sens, aucun désir de discours. Les choses doivent monter d'elles mêmes et se mettre en place naturellement, du bas vers le haut , sans forcer, sans tordre mon sentiment naturel et sans rien imposer.


Le travail de "photos simples", à l'inverse, est plus simplement un travail quotidien de photographe, plus poétique, moins signifiant et sans doute plus esthétique. Mais également beaucoup plus léger et modeste ; il n'y a ni retouche, ni recadrage, la photo est brute. C'est une photo "simple". Ce travail est rapide et naturel, contrairement aux montages qui restent souvent longtemps en maturation.
 

né le 11 novembre 1980

FORMATION     EXPOSITIONS     EXPÉRIENCE     INTÉRÊTS